Quotidien des aidants : reconnaître les difficultés

Le quotidien d'un aidant familial n'est pas facile, il est important pour lui de reconnaître les difficultés auxquelles il est confronté au quotidien...

Quotidien des aidants familiaux

Un vieillissement invalidant ou l'annonce d'une maladie irréversible chacun se défend comme il peut. C'est le deuil de ce qui n'est plus qui devra être accompli : votre proche n'est plus comme il était ("ce n'est plus lui") et il faudra petit à petit accepter celui qu'il est devenu.

Votre proche demande beaucoup de soin et d'attention, peut-être plus que ce que vous ne pouvez assumer. Les grands vieillards ont des conjoints et des enfants eux-mêmes plus très jeunes, et malgré la bonne volonté, les limites physiques de l'aidant sont vite atteintes.

L'aidant se sent pris entre un besoin bien naturel de se préserver et son souhait d'assumer ce qu'il pense devoir à son parent, il est alors confronté à un sentiment d'échec et à la culpabilité.

Comment reconnaitre ces difficultés ?

Un début de solution réside dans le fait de :

  • se poser,
  • s'observer, se regarder faire, aller, venir, revenir…
  • dialoguer avec soi-même, tout haut s'il le faut !
  • et s'écouter parler…

ce qui n'est pas si facile qu'on le croit.

Il s'agit en effet d'apprendre à reconnaître toutes les pensées (ou les paroles) qui nous agitent sans apporter de solution :

  • " il me rendra folle ",
  • " il va m'achever ",
  • " il le fait exprès ",
  • " il n'accepte que moi ",
  • " je n'ose pas le laisser seul cinq minutes ",
  • " c'est à moi de le faire ",
  • " je dois tout assumer ",
  • " j'irai jusqu'au bout ",
  • " si ça continue, je vais hurler ", voire même, vous criez… et le regrettez…
  • " je suis épuisé(e) dès le matin ",
  • " je n'ai plus l'énergie (ou le goût) de faire quoi que ce soit ",
  • " je ne peux plus m'en sortir ",
  • " je ne vois pas d'issue ",…

Toutes ces façons d'envisager le présent et l'avenir sont des signes qui peuvent vous informer sur votre état de stress, vous alerter.

  • Vous pleurez pour un rien ?
  • Vous n'arrivez plus à vous contrôler ?
  • Vous devenez irritable, agressif, fragile ?
  • Vous êtes désespéré(e) devant l'ampleur de la tâche ?
  • Vous vous repliez sur vous-même ?

Quoiqu'il en soit, " ça ne peut plus durer ! "

Dans tous les cas, ne restez pas seul(e) : parlez-en autour de vous. Cherchez un interlocuteur de confiance, parent, ami ou professionnel, mais partagez vos émotions afin de vous protéger, votre proche, votre famille et vous-même.

Article rédigé par Annie AUDO, psychologue-gérontologue.